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samedi 19 juillet 2014

Le Bouquinovore a lu : "Bastards"

Alexander Byrd est un jeune écrivain new-yorkais qui a connu un certain succès avec ses premiers romans. Il a même reçu le prix Pulitzer pour son quatrième et dernier en date. Malheureusement, cette reconnaissance qu'il a reçu pour son travail lui a un peu coupé les ailes de l'inspiration et il ne parvient pas à commencer le prochain. Ce n'est autre que Colum McCann, qu'il rencontre un jour à Central Park, qui l'aiguille sur un sujet possible. En effet, depuis quelques temps, une vieille dame semble se débarrasser de voyous avec une facilité déconcertante, malgré son très grand âge. Toujours accompagnée d'un chat selon les témoignages, elle a été baptisée Cat-Oldie par les médias. Intrigué, Alexander part alors à sa recherche. Mais ce qu'il va trouver dépasse de loin tout ce qu'il a pu imaginer...

illustration de couverture : Diane Cairn

Voici donc le troisième roman que je lis du sieur Ayerdhal. Après L'Histrion et Demain, une oasis, deux romans de début de carrière du romancier français. S'ils appartiennent plus à la veine science-fictive (car Ayerdhal a marqué de son empreinte la SF française des années 90), ce Bastards relève plutôt du Thriller. Et c'est le tout dernier en date d'une bibliographie déjà bien fournie. 

Qu'en est-il alors de ce roman au titre si singulier ? Tout d'abord qu'il part sur les chapeaux de roue ! En quelques courts chapitres, Ayerdhal accroche son lecteur de façon remarquable. Tout de suite, on a envie de savoir ce qui va se passer la page suivante et l'on se surprend à faire défiler les chapitres à une vitesse folle. En plus, on rencontre plein de gens connus (même si je ne les ai pas tous lus), comme Colum McCann (déjà cité), Jerome Charyn, Norman Spinrad... Ce dernier étant un ami personnel du romancier français, on se doute qu'il a dû lui demander la permission de lui faire jouer un rôle relativement important dans l'intrigue (pas majeur non plus, mais quand même), mais pour les deux autres, je ne sais pas.

Ensuite, il y a quelques scènes érotiques comme rarement j'en ai lu dans un roman. Elle sont explicites, certes, mais vraiment superbes. Je ne dirais pas qu'il faut acheter ce roman pour ces petits plaisirs-là, mais pas loin.

Enfin, il y a l'écriture d'Ayerdhal, toujours aussi bien trouvée. Pour faire simple, c'est remarquablement bien écrit. Le style est ciselé, les personnages toujours bien campés.

Cependant, une fois qu'on a passé les deux-cents premières pages, et qu'on en sait un peu plus sur les tenants et les aboutissants de l'histoire, l'attention a tendance à retomber un peu. Je ne dirais pas que je me suis ennuyé, loin de là, mais les rebondissements m'ont semblé alors un peu trop tirés par les cheveux. Je dois bien avouer que je n'ai pas trop accroché aux révélations qui nous sont données à un moment du récit (dont je ne dirai pas un mot). En plus, certains passages avec du name droping dedans m'ont paru arriver comme un cheveu sur la soupe, un peu trop artificiel.

Je dois dire que l'intérêt de ce roman remonte fortement sur la fin. Les cent dernières pages reprennent le rythme imposé au début et la lecture s'en trouve facilitée. La toute fin est un véritable feu d'artifice qui rend les réserves exprimées au-dessus obsolètes. C'est tant mieux parce que je ne voudrais pas que vous pensiez ce Bastards être un mauvais roman. Bien au contraire ! Mais je ne peux pas trop en dire si je ne veux pas vous gâcher l'effet de surprise. A vous à présent de vous faire votre propre opinion. Lisez Bastards et revenez par ici, qu'on puisse en discuter tranquillement.

A signaler aussi qu'Ayerdhal rend hommage à sa compagne, Sara Doke, en la citant en fin d'ouvrage. Mais je vous laisse découvrir comment...

Au final, malgré ses longueurs, Bastards est un super roman qui fera passer au lecteur de vrais bons moments de lecture !

Bastards - Au diable vauvert - 530 pages - 20€ - D.L. : février 2014

jeudi 17 juillet 2014

Invité d'honneur des Culturiales : Ayerdhal (2/4)

Comme promis, voici la suite de l'article d'hier :



Ensuite, de 1992 à 2004, ce n'est pas moins de quinze romans et recueils de nouvelles que l'écrivain va publier à un rythme effréné, dont le très bon L'Histrion, space opera qui se veut un hommage à Frank Herbert (l'auteur de Dune). Il trouvera aussi le temps de collaborer avec l'un de ses amis, le Toulousain Jean-Claude Dunyach, avec qui il écrit Etoiles Mourantes (prix Tour Eiffel et prix Ozone en 1999).





Après l'immense succès rencontré après son thriller Transparences, le sieur Ayerdhal connaît un passage à vide qui l'éloigne pour un temps de la production littéraire. Ce n'est que sept longues années plus tard qu'il revient pour lui donner une suite. Résurgences sort donc en 2010 Au Diable Vauvert, sa nouvelle maison d'édition qui ré-édite depuis quelques temps une grande partie de son ancienne production littéraire.


© René-Marc Dolhen
En 2013, il publie Rainbow Warriors, un roman encensé par la critique. Mettant en scène une armée de LGBT, ce roman impertinent et drôle a reçu le prix Bob Morane en 2014.




En 2014, Ayerdhal revient avec Bastards, un thriller aux limites du fantastique, où l'on suit un jeune auteur à succès en panne d'inspiration. Suivant les bons conseils de Colum McCann himself, il décide de s'intéresser à une étrange vieille dame toujours accompagnée de chats et qui se débarrasse avec facilité de loubards qui sévissent dans les rues de New York... Un roman percutant et sensuel qui emmène le lecteur vraiment très très loin.



Nous allons revenir très bientôt pour vous parler de nouveau de notre invité d'honneur...


Le Bouquinovore bucolique (sur une trame de Miguel Bravo)

mercredi 16 juillet 2014

Invité d'honneur des Culturiales : Ayerdhal (1/4)

© Pascale Doré
L'invité d’honneur des Culturiales de cet été 2014 est : Ayerdhal, écrivain.


Ayerdhal est né en 1959 à Lyon.


Très jeune, il a découvert l’univers de la science-fiction : son père détenait une grande collection d’ouvrages du genre. La deuxième de France par le nombre de volumes, comme se plaît à le dire l'auteur lui-même.


Ayerdhal avoue écrire de la SF parce que « la science-fiction est un puissant outil pédagogique, un véhicule idéologique non négligeable et la plus riche ex pression de l’imagination créatrice. »


Cependant, Ayerdhal ne se considère plus vraiment comme un écrivain de science-fiction à part entière. En effet, depuis une dizaine d'années, il a fait bifurquer sa déjà longue carrière vers d'autres genres, comme le polar ou le thriller. Jusqu'à présent, son plus gros succès,Transparences, s’est vendu à plus de 100.000 exemplaires (les droits audio-visuels du roman ont d'ailleurs été acquis par Jean-Jacques Annaud).





C'est en 1990, avec La Bohême et l'Ivraie, qu'Ayerdhal débute sa carrière. Cependant, ce n'est que deux ans plus tard, avec Demain,une oasis que l'écrivain français rencontrera son premier vrai succès public et critique (il reçoit son premier Grand Prix de l'Imaginaire, une consécration pour tout romancier de SF). Court roman de Science-Fiction d'une densité incroyable, Demain, une oasis est une fresque humaniste qui, tout en montrant un futur proche, nous parle de la dure réalité actuelle d'une Afrique pillée et mise à l'écart du développement économique. Puissant et incontournable.


La suite sera disponible sur le blog, dès demain.


Le Bouquinovore bucolique (sur une trame de Miguel Bravo)