jeudi 26 mai 2016

Entretien avec Laura et Adrien, les architectes du LOCAL


Il y a quelques jours, voici le message que nous recevions dans notre boîte mail :


« Bonjour ! 

Vous ne savez pas trop quoi faire le samedi 28 mai ? 
Le Local rénove les Boîtes à Bouquins & CO, 
joignez-vous à nous ! 

C’est au jardin du GEM à Bagnères-de-Bigorre, 2 rue du 19 mars 1962, de 10h à 16h, venez faire un tour après votre marché ! 

C’est le moment pour se réapproprier, adapter, transformer davantage certaines boîtes avec vos remarques, vous utilisateurs quotidiens ! 

Les Boîtes à Bouquins &Co, késako ? 

Ce sont des „micro-bibliothèques de rue“, chacun peut y déposer un livre, en prendre un pour échanger autrement de bons moments passés à bouquiner, et les idées ! 

Il y en a cinq dans la ville : à l’entrée du Vallon de Salut, à la fontaine Saint-Blaise, au GEM, à l’étang de Clairvallon et à la passerelle sur l’Adour. 

Malheureusement celle de la passerelle ayant subit quelques maltraitances, nous allons devoir la déplacer ailleurs, où elle sera entre de bonnes mains ! 

Les Boîtes à Bouquins &Co, 

C’est un projet qui a été initié l’an dernier, un partenariat entre trois associations, Le Local, le Salon de Lecture et le GEM afin de libérer la culture dans la ville ! 

Ont été organisés des ateliers partagés, des actions spontanées dans l’espace public pour écouter les pratiques dans la rue au quotidien, et un chantier collectif, ou workshop, durant l’été qui a vu les habitants de Bagnères, de la vallée, et d’ailleurs, fabriquer les Boîtes à Bouquins &Co ! 

En espérant vous retrouver ce samedi, 

A bientôt

LE LOCAL »


Alors nous nous sommes dit que l'occasion était trop belle de vous proposer l'entretien que Laura et Adrien nous ont accordé (il y a quelques temps de cela, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, la preuve) :


Le Salon de Lecture : Bonjour, Laura et Adrien. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?


Laura et Adrien : Diplômés d'architecture nous travaillons depuis plusieurs années à replacer l'humain comme fondement du projet architectural. Questionnant l'habiter, observant les pratiques quotidiennes rurales et urbaine à travers un travail de terrain approfondi, la co-construtcion, la pluridisciplinarité et le faire, induisant une partie d'expérimentation.

S. de L. : Vous êtes architectes urbanistes, c'est bien ça ?
    L & A : Nous avons obtenu notre diplôme d'Architecte Diplomé d'Etat (D.E.) à l'école nationale supérieure d'architecture de Versailles. L'architecte s'occupe de l'espace, l'espace qui « essarte », qui donne du champ libre et qui permet le mouvement. L'urbaniste va plutôt s'occuper des fonctions, c'est autre chose, une autre formation. Nous avons cependant les compétences de travailler du micro au macro, de la cuisine à la ville, toutes les formes de l'habiter.
S. de L. : Comment vos études d'architecture vous ont-elles menés à Bagnères de Bigorre ?

L & A : Nos travaux respectifs nous ont amené à travailler sur la participation habitante, la cohérence territoriale, la transmission et la réappropriation par le faire, le moment du chantier. C'est ces fondamentaux et la rencontre avec Richard Sabatier, enseignant chercheur à l'ENSAV devenu notre directeur d'étude, qui nous ont conduit à Bagnères-de-Bigorre. Ville qui de part son échelle, son environnement et ses pratiques était propice à nos démarches de recherche, et nous a conduit à une résidence de six mois à travers laquelle l'étude " Ré-inventer ensemble un territoire" a vu le jour.

S. de L. : Qu'est-ce que Le Local ?
    L & A : C'est d'abord le nom que nous avons donné à l'espace de travail, ouvert sur rue, que nous avons occupé et ouvert aux habitants, durant l'étude "Ré-inventer ensemble un territoire" ou nous organisions des ateliers de réflexion sur la ville. Puis, les habitants nous ont associé à ce nom est c'est alors devenu celui de notre association. Le Local est aujourd'hui une association collégiale, loi 1901 signifiant, Laboratoire, Observatoire, des Cultures, des Architectures et des Lieux.
S. de L. : Venons-en à présent au projet des Boîtes à Bouquins & Co (B.A.B.). Qui en est l'instigateur ? Quelle a été l'idée de départ ?

L & A : C'est le Salon de Lecture de Bagnères-de-Bigorre qui a émis l'idée de réaliser ces boîtes à livres. Nous leurs avons proposé nos services pour réaliser ces boîtes en essayant d'impliquer par le biais d'ateliers et d'un chantier les habitants de la ville. C'est alors que, conjointement, l'idée et le projet firent leur chemin.

S. de L. :  Comment s'est déroulée la préparation du chantier ?

L & A : En amont du chantier nous avons mis en place des ateliers afin de définir l'objectif de ces boîtes, leurs emplacements, leur esthétique, leurs matériaux. Un travail de récupération de matériaux à été engagé, allant chez les particuliers comme les entreprises locales ou désaffectées pour rassembler un maximum de matériaux. Enfin un partenariat avec le Groupe d'Entraide Mutuelle a été monté pour héberger le moment du chantier.

S. de L. : Le chantier a duré une semaine (du 27 juillet au 5 août), au G.E.M. (Groupe d'Entraide Mutuelle), à l'occasion des Culturiales 2015. Comment s'est passée la gestion du quotidien ?

L & A : Le chantier s'est très bien déroulé, malgré la pluie. Les adhérents du GEM, du Salon de Lecture, des touristes et autre sont venus participer à ce workshop, même une architecte ! Nous entendons par workshop - l'atelier en anglais - un moment de chantier collectif, ouvert à tous, fondé sur l'apprentissage et la transmission. Les encadrant et adhérents du GEM nous ont assuré chaque jour la logistique ainsi que la préparation des repas, essentielle et centrale dans un workshop.

S. de L. : Selon vous, était-ce un succès ?

L & A : Oui, pour nous ce fut une réussite, de par la qualité des échanges, des moments partagés, des objets créés et de ce qu'ils représentent aujourd'hui pour une partie des habitants.

S. de L. : Nous avons cru comprendre qu'il y avait même une famille de touristes qui avait participé. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

L & A : En effet, le chantier étant ouvert à tous, une famille d'Ariège a pu consacré deux de ses demi-journées de vacances à la réalisation d'une boîte qui est aujourd'hui installée à la fontaine Saint-Blaise. Tout un symbole...

S. de L. : Au final, combien de boîtes ont été réalisées au cours de ce chantier ?

L & A : Sept boîtes ont été réalisées, toutes différentes les unes des autres.

S. de L. : Pourriez-vous nous donner les sites où elles ont été installées ? Il y avait-il une occasion particulière ?

L & A : Nous avons souhaité installer les boîtes à bouquins de manière à dessiner un parcours dans la ville. Ce dernier, nourri par notre étude urbaine, incite les habitants à traverser la ville, la parcourir à pied, dans son entièreté, sortant alors du centre ancien, pour s'aventurer le long de berges ou découvrir des espaces naturels méconnus ou oubliés. 
Cinq boîtes sont installées : au Vallon de Salut, au GEM, à la fontaine Saint-Blaise, à la passerelle et à l'étang de Clairvallon.

S. de L. : Quelques mots à propos du fonctionnement de ces B.A.B. ? Sont-elles book only ?

L & A : Ces Boîtes à Bouquins, disposées dans l'espace public, sont des objets que chacun peut s'approprier. Le principe étant d'y laisser ou d'y prendre un livre, un poème, une recette ou toute autre forme de culture. Nous avions discuté avec la CCHB de leur politique de réduction des déchets, le « &Co » vient de ces discussions : les boîtes sont aussi un moyen de consommer moins, d'échanger plus.
Certaines, sous forme de mobilier, permettent de s'assoir, de prendre le temps également.

S. de L. : Qu'attendez-vous de ces désormais fameuses B. A. B. ?

L & A : Nous espérons que les habitants se les approprierons à leur manière, que des livres et d'autres petites curiosités y seront déposées, échangées, qu'elles puissent devenir le prétexte à de nouvelles rencontres, des moments de partage dans l'espace public. L'occasion peut-être de reprendre le temps... ou tout autre chose.

S. de L. : Que retenez-vous de cette expérience ?

L & A : C'est une belle expérience, nourri par de beaux et complémentaires partenariats. Il n'a pas été toujours évident de mobiliser, d'interpeller les citoyens, mais les personnes intéressées se sont vraiment impliquées. C'est une expérience qui a montré qu'avec peu de moyens financiers, de l'énergie et en mutualisant les compétences de chacun on peu arriver à un beau projet collectif.

S. de L. : Quels sont vos futurs projets ?

L. & A. : Nous allons rentrer dans une coopérative d'activité et d'emploi pour proposer nos services d'architecte en tant que conseil et accompagnement dans la réalisation de projet personnels. A travers l'association le Local, nous mettons en place une réflexion sur le territoire qui a été initiée par l'étude urbaine, à laquelle nous donnons une suite, et nous participons également au développement du projet Tiers-Lieux en Bigorre, qui a pour but de dynamiser l'économie locale en mutualisant différents services et compétences dans des espaces de travail partagés.

S. de L. : Et le dernier mot est pour vous...
 
L. & A. : Merci au Salon de Lecture de nous avoir fait confiance, de nous avoir suivi et soutenu. Merci à tous les autres partenaires qui ont permis que le projet aboutisse, à ceux qui ont participé, et qui, avec nous, ré-inventent la ville de demain.

L'espace public appartient à tous, c'est à nous de le reconquérir.

(propos recueillis en septembre 2015 ; un grand merci à Laura et Adrien pour leur réactivité et leur patience)

mercredi 10 février 2016

Printemps des poètes et atelier d'écriture



Le Printemps des poètes 2016
05 - 20 mars

Participation de La Bouquinerie-Le Salon de lecture

Ateliers d’écriture à La Bouquinerie associative


Ateliers d’écriture – lecture de préparation du Printemps de poètes 2016 :

Thème : Le grand XXème siècle

Vendredi 19 février 16 h – 18 h – Poésie, dada et surréalisme
Lundi 22 février 14 h – 16h – Poésie et guerre 39 – 45 – anaphore – épiphore…
Vendredi 26 février 16 h – 18 h – Questionnaires (Proust et Chinois…)
Lundi 29 février 14 h – 16h – Atelier d’écriture : slam – en présence de Elïane del Traver
20 h– Scène ouverte à la Cocker Toquée
Vendredi 4 mars 16 h – 18 h – Oulipo – Queneau – Pérec…

Objectif : création et choix de textes poétiques destinés au Centre Culturel en vue de participer au spectacle général du Printemps des Poètes


Du 12 au 20 mars
Ateliers d’écriture – lecture de participation au Printemps des Poètes
Ateliers axés sur la poésie

Thème : Pour saluer Victor Hugo

Vendredi 11 mars 16 h – 18 h – « Victor Hugo en citations »
Lundi 14 mars 14 h – 16h – « Demain dès l’aube… »
 Variations sur un thème de Victor Hugo
Vendredi 18 mars 16 h – 18 h – Lyrique et épique selon Victor Hugo

TOUS PUBLICS
ENTREE LIBRE A TOUS LES ATELIERS



Exposition des créations de l’atelier d’écriture sur le claustra de la bouquinerie

Tous renseignements :
La Bouquinerie Associative-Le Salon de lecture
20 rue des Thermes
Téléphone 06 47 89 84 84

mercredi 27 janvier 2016

Vacances de l'atelier d'écriture



L’atelier d’écriture de la bouquinerie s’interrompt à partir de ce jour.
 
Il reprendra en février pour la préparation du Printemps des poètes.
 
Prochaine séance : vendredi 19 février à 16 heures.
 
A bientôt,
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Le programme exact de notre participation au Printemps des poètes sera publié prochainement
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

dimanche 11 octobre 2015

Journées de l'art roman en Pyrénées



L’art roman, le premier langage commun de l’Europe

Né au tournant de l’an mille, dans une Europe divisée, mais (presque) pacifiée, l’art roman est un courant culturel qui traverse tout le continent et laisse partout des traces indélébiles dont on mesure aujourd’hui l’immense impact.

L’association Le Salon de lecture – La Bouquinerie présente, à partir du 16 octobre prochain un cycle culturel consacré à cet art et aux nombreuses traces qu’on ne cesse de découvrir ou redécouvrir.

Dans les Pyrénées notamment, des deux côtés de la frontière, l’immense diversité des tendances au sein de ce courant ne cessent de nous étonner. Côté français, des Pyrénées Orientales au Pays basque, nombreux sont les sites qui nous rappellent les éléments qui constituent les signatures typiques de l’art roman, notamment sacré : l’arc plein cintre, les modillons, les absides et absidioles romanes si caractéristiques, entre autre.

De Elne, monument majeur de l’art roman, à l’est, à Ste-Engrâce, en Soule, ou l’Hôpital St-Blaise, les monuments emblématiques s’égrènent, en passant par St-Michel de Cuxa, St-Bertrand de Comminges avec à ses pieds St Just de Valcabrère, Saint-Savin, Maubourguet ou l’Escaladieu, tout près de chez nous, ou ma cathédrale Ste-Marie à Oloron.

Côté espagnol, les églises de la Vall de Boí, patrimoine mondial de l’UNESCO, les touchantes chapelles du Pays catalan espagnol, puis les célèbres influences lombardes dans l’Aragon (les églises du Serrablo – plus d’une trentaine de sites mis à jour par l’association des Amis du roman dans le Serrablo), San Juan de la Peña, Santa-María de la Serás, les ensembles religieux-militaires de Samitier ou Muro de Roda, constituent un patrimoine bâti, souvent magnifiquement remis en état, tout à fait remarquable.

En Andorre, les églises à clocher dit lombard, comme dans les toutes proches églises ariégeoises sont aussi des exemples dignes d’admiration.

***


Exposition : Claustra de la bouquinerie associative

Un choix photos : 40 cartes postales de sites romans pyrénéens

Un cycle de causeries et entretiens avec diaporamas au Salon de lecture de la Bouquinerie

Par: Isabelle Daniel, Guide Conférencière passionnée d'histoire religieuse

Egalement par Isabelle Daniel :

VISITE GUIDÉE de l'ABBATIALE de ST SAVIN le dimanche 18/10 à 10h/10h15.(1h environ).



RENCONTRE-DEBAT Christian Dumaître




MÉMOIRE d’une famille limousine RETROUVÉE
« Le destin des enfants Du Maistre »

Cette monographie est un voyage au coeur d’une famille Corrézienne, où l’auteur est allé à la rencontre de ses ancêtres, de ses racines, afin de renouer avec une mémoire collective jonchée d’histoires singulières, qu’il a voulu partager avec tous.
Il remonte alors le temps passé, avec Les Hommes de la Manufacture, époque où la ville de Tulle et toute sa région ne vivaient qu’au rythme de la manufacture d’armes, ainsi que l’on vécu la plupart des hommes de sa famille.
Ainsi, par un bref historique, il nous fait revivre l’ambiance sociale de la « Manu », au travers d’une dynastie d’armuriers, pour toutes ces générations d’ouvriers de l’Etat. Il les replace dans leur environnement géographique et culturel afin d’une meilleure perception de tous ces évènements que le Limousin, et Tulle en particulier, ont eu à subir dans leur Histoire, y compris la plus récente.
Une série de Portraits de Famille nous plonge dans ce quartier du haut du Trech, où ils vécurent depuis la fin du 18ème siècle, particulièrement à la Barrussie et au Fournivoulet, pour ensuite nous livrer les territoires desquels sont issus ses ancêtres, originaires de la limite des deux départements de Haute-Vienne et Corrèze, tout près du Plateau des Millevaches.
Quelques Biographies familiales nous permettent de (re)découvrir des corréziens ordinaires, parfois tristement célèbres et bien peu souvent évoqués – tel ce cousin Jeannot, pendu le 9 juin 44, la veille du drame d’Oradour-sur-Glane – et d’autres méritant largement la place qui leur est faite dans cet ouvrage original – telle Paule Dumaître, ancien Conservateur en chef de la BIUM à Paris.
L’auteur est bien engagé dans son «époque où l’on s’enivre de virtuel, de relations mondialisées, où l’on ressent tous le besoin de savoir sous quels cieux s’inscrivent nos origines ». Il reste aujourd’hui convaincu que « nous avons tous besoin d’être de « quelque part, de ressentir des racines ».





 VIGNERONS DE L’ENTRE-DEUX-MERS
« A la mémoire des enfants Guimberteau »


L’auteur de cette monographie nous plonge dans les origines géologiques et géographiques d’une région attachante : l’Entre-Deux-Mers, une singulière terre d’accueil, territoire où vécurent ses ancêtres maternels.
Retraçant l’histoire des origines de la vigne et du vin qui caractérise si bien ce territoire aujourd’hui, il évoque la création des transports collectifs (tramways, chemin de fer) qui furent facteur de développement économique et social de ces communautés.
Nous sommes alors plongés au coeur d’une Biographie Familiale, nous relatant le drame de cette famille, originaire de Bouliac et qui fut décimée, conséquence directe de la Première guerre mondiale de 1914-1918. De ce foyer de sept personnes ne restèrent que trois jeunes enfants devenus orphelins qui furent « adoptés par la Nation ».
Le parcours chaotique de ces trois pupilles, village après village, nous ramène alors Sur les traces des Guimberteau, leurs ancêtres communs.
C’est le destin de ces hommes et de ces femmes vignerons, parfois tailleurs de pierres que l’auteur nous raconte ici, s’appuyant sur des travaux de spécialistes, ainsi que sur le témoignage des personnes rencontrées au cours de ces recherches. Aujourd’hui, ce travail sur une partie de la « dynastie » des Guimberteau et autres alliés ne demande qu’à être complété


 

mercredi 23 septembre 2015

La photographie en héritage,



Norbert Lapeyre expose au claustra de la Bouquinerie.
 




Le Studio Lapeyre a été créé à Tarbes juste après la guerre de 14-18 par Gaston Lapeyre, le grand-père de Norbert, tout juste revenu des tranchées. Après lui, c’est Raymond, son fils qui poursuit l’expérience. Les Lapeyre sont photographes de père en fils, Norbert Lapeyre en représente la troisième génération.

Norbert abandonne la photo de studio et se spécialise dans la photo de rue. C’est une série de ce genre de photos qu’il nous montre sur le claustra de La bouquinerie : «Errance en France» se veut un hommage aux maîtres. Cartier-Bresson tout d’abord, le grand photographe, le maître de la photo de rue, ou plus précisément, de la photo de la vie.

Comme lui, Norbert Lapeyre se veut un témoin de son temps. Ses errances témoignent d’une vision à la fois tendre et désespérée du monde d’aujourd’hui. Vision au deuxième degré, ses cadrages ne recherchent pas seulement l’anecdote, mais ce qui dans la scène représentée en contient l’essence.



Ses personnages sont extrêmes dans leur humanité, véritables figures archétypales, voire un peu exemplaires et même caricaturales. Attiré par le N& B et par le surréalisme, tous les clichés qu’il nous propose cette fois-ci sont en couleur.

Son esthétique est un appel d’humanisme. Ses photos de rue sont rarement directes, mais le plus souvent les reflets de réalités plus ou moins crues d’où les scènes de misère ne sont pas exclues. Une « Feuille morte » devient l’image de l’automne, mais un automne sombre ; la feuille est trainée par le vent au milieu de la pluie et de la boue.



Il faut «lire» les clichés de Norbert Lapeyre comme des images au sens littéraire du terme. Elles sont métaphoriques ; grâce à des cadrages très resserrés, la réalité nous parvient exagérée,  déformée, brutale ; mais aussi lapidaire : un simple reflet, une ombre, un geste pour compléter un portrait («Bob Marley», «Marie»). «Stop liberty» n’est qu’un feu rouge noyé dans les jeux d’une fontaine urbaine.

Les reflets s’imposent à nous de manière récurrente comme une véritable allégorie de la «vrai vie», chère à Rimbaud.









Vernissage le samedi 26 septembre à midi.
La Bouquinerie Associative
20 rue des Thermes
Bagnères de bigorre